1. La tension du pack, avant tout le reste

Un onduleur est conçu pour une plage de tension d'entrée précise : 12 V, 24 V ou 48 V nominal. Ce n'est pas un détail d'étiquette. Un pack « 48 V » lithium évolue en réalité entre environ 40 V déchargé et 58 V en fin de charge, selon la chimie et le nombre de cellules en série. L'onduleur doit accepter toute cette plage, pas seulement la valeur nominale.

Le 48 V s'est imposé en stockage stationnaire pour une raison physique : à puissance égale, doubler la tension divise le courant par deux, et les pertes par effet Joule par quatre. Un onduleur 1 kW en 12 V tire plus de 80 A en entrée ; le même en 48 V en tire environ 21 A. Câblage, connectique et échauffement n'ont plus rien à voir.

2. Puissance continue et puissance de pointe

Deux chiffres figurent sur toute fiche, et c'est le second qui trompe. La puissance continue est celle que l'onduleur tient indéfiniment. La puissance de pointe n'est soutenue que quelques secondes, le temps du démarrage d'un moteur.

Un réfrigérateur de 150 W peut appeler 800 W au démarrage de son compresseur. Une pompe ou un compresseur davantage encore. Dimensionner sur la seule puissance continue garantit des coupures au pire moment.

Attention à l'arithmétique commerciale : certaines fiches annoncent la puissance de pointe en gros et la continue en petit. Si un seul chiffre est donné, considérez qu'il s'agit du plus flatteur.

3. Sinusoïde pure, et pas « pseudo-sinus »

Les onduleurs bon marché produisent une onde carrée modifiée, vendue sous l'appellation « pseudo-sinus ». Une résistance chauffante s'en accommode. Presque rien d'autre.

  • Moteurs et compresseurs : surchauffe, bruit, rendement dégradé, durée de vie réduite.
  • Alimentations à découpage (ordinateurs, box, chargeurs) : fonctionnement erratique ou refus de démarrer.
  • Appareils médicaux et électronique sensible : à proscrire.

Pour un usage domestique réel, la sinusoïde pure n'est pas une option de confort, c'est un prérequis.

4. Les protections, côté batterie comme côté sortie

C'est le point que les fiches produit détaillent le moins, et celui qui détermine la sécurité de l'installation. Un onduleur raccordé à un pack lithium doit au minimum assurer :

  • Coupure sur tension basse, pour ne pas décharger les cellules sous leur seuil — une décharge profonde endommage définitivement une cellule lithium.
  • Coupure sur tension haute, en cas de dysfonctionnement de la charge.
  • Protection thermique et limitation de courant.
  • Protection contre les courts-circuits en sortie.

Ces protections ne remplacent pas le BMS du pack : elles s'y ajoutent. Le BMS protège les cellules, l'onduleur se protège lui-même. Les deux sont nécessaires, et nous expliquons le rôle du premier dans à quoi sert un BMS.

5. Ce que la seconde vie change

Un pack de seconde vie se comporte différemment d'un pack neuf sur un point précis : ses cellules n'ont pas toutes exactement le même historique, donc leur tension diverge plus vite en fin de charge et de décharge. La plage de tension utile est, en pratique, un peu plus étroite.

Deux conséquences concrètes. D'abord, mieux vaut un onduleur dont le seuil de coupure basse est réglable plutôt que figé, pour l'aligner sur les limites réelles du pack. Ensuite, un pack de seconde vie supporte mal les appels de courant violents et répétés : surdimensionner légèrement l'onduleur ménage les cellules.

Pourquoi nous avons publié le nôtre en open source

Le marché de l'onduleur 48 V est dominé par des produits dont personne ne peut vérifier les choix de conception : ni le schéma, ni les protections réelles, ni le dimensionnement. Pour du stockage domestique alimenté par une batterie capable de débiter des centaines d'ampères, cette opacité nous paraît difficile à défendre.

Nous avons donc publié cirBATTverter, notre onduleur 48 V vers 230 V, sous licence CERN-OHL-S : sources KiCad, documentation de fabrication et notre propre revue technique, défauts non corrigés compris.

Disons-le clairement : il s'agit d'un prototype en cours de revue, pas d'un kit prêt à monter. Plusieurs points restent à corriger avant toute fabrication, et ils sont listés publiquement. Nous préférons publier un projet honnête qu'une vitrine — et toute contribution documentée le fait avancer. Les détails sont sur la page du projet.